L'Effet de Serre est un phénomène naturel qui permet à la surface de notre planète de baigner dans une température moyenne de 15 degrés centigrades. Il est provoqué par la rétention de la chaleur emmagasinée par la surface du globe dans les basses couches de l'atmosphère.
Sans Effet de Serre, la température moyenne à la surface de notre planète serait de -18 degrés centigrades.
Aujourd'hui la grande majorité des climatologues s'accorde à reconnaître un accroissement rapide de l'effet de serre depuis le début de l'ère industrielle, sans commune mesure avec les variations des périodes antérieures, tant du point de vue de son ampleur que de sa rapidité.
Cet accroissement est reconnu provenir des activités humaines, et en particulier de la combustion de carburants fossiles qui émet des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, notamment du dioxyde de carbone (CO2).
Cette constatation amène pouvoirs publics à mettre en place des mesures adaptées à la nécessité de contenir cette augmentation de l'effet de serre, afin de limiter un phénomène de réchauffement global, aujourd'hui patent. Ainsi est-il avéré que la température globale a augmenté de 0,3 à 0,6 degrés centigrades depuis le début du vingtième siècle, et si l'on tient compte de l'augmentation de la consommation d'énergie durant les dernières décennies, l'on peut redouter, sous nos latitudes (en France ) un réchauffement de 1,5 à 3 degrés centigrades d'ici la fin du XXI ème siècle.
Les conséquences de ce réchauffement prévisible sont malheureusement inéluctables et vont se traduire par des modifications locales sur le plan climatique, et un réchauffement océanique dont les conséquences pourraient renforcer l'effet initial.
Si vous souhaitez en savoir plus dur l'Effet de Serre, nous vous invitons vivement à consulter le site de l'École Nationale Supérieure des Mines, AGORA 21, très bien documenté sur ce sujet.
Le but mesuré des politiques publiques consiste à encourager à réduire la consommation énergétique, de manière à éviter la catastrophe planétaire qu'entraînerait inéluctablement un accroissement continu de l'effet de serre : il convient de savoir qu'une réduction des émissions d'origine humaine de gaz à l'origine de l'effet de serre ne saurait porter ses fruits et réduire la tendance au réchauffement qu'après plusieurs dizaines d'années.
Cela paraît lointain pour certains mais signifie que nous avons un siècle au maximum pour réaliser cet objectif, faute de quoi des modifications irréversibles, déja à l'oeuvre seront telles qu'elles risquent de compromettre l'habitabilité de la planète.
En 1992, s'est tenue à Rio-de-Janeiro la première Conférence Mondiale sur l'Environnement et le Développement, élaborant le document intitulé "Déclaration de Rio", et qui était une première étape vers l'élaboration concertée de stratégies correctives.
Aux Etats-Unis, dans la logique de cette stratégie, le Gouvernement Fédéral signait en 1993 un protocole avec les trois principaux constructeurs automobiles locaux (General Motors, Ford Motors, Chrysler), en vue d'un travail commun pour réduire la consommation des véhicules de 50 pour cent avant l'année 2000.
En 2000, cet accord a porté ses fruits et l'objectif assigné a été atteint. Mais ceci n'a eu aucune incidence sur les émissions de CO2, parce que dans le même temps, le nombre de véhicules en circulation dans ce pays avait plus que doublé...
Aujourd'hui plus de 600 millions d'automobiles circulent dans le monde.
Si nous ne pouvons pas ignorer l'importance de ce secteur industriel dans l'organisation économique d'aujourd'hui, il semble pourtant être l'heure d'évaluer les dég&acric;ts et de promouvoir des modèles plus respectueux de l'environnement et susceptibles de permettre à tous les citoyens de cette planète d'accéder à cette liberté conquise au siècle dernier : la mobilité.
Les émissions des véhicules sont un phénomène connu de tous, et c'est pourquoi les constructeurs s'efforcent d'améliorer le rendement énergétique de leurs motorisations.
Mais il est des aspects pervers du système automobile, qui viennent s'ajouter aux incidences de l'architecture technique de ces véhicules.
En France par exemple, l'on achemine annuellement plus de 40 millions de tonnes de carburant pour alimenter le réseau routier.
Ce réseau routier mobilise une importante proportion du fret transporté pour son extension et son entretien (agrégats, graviers, castines, enrobés...etc).
A l'heure de la mondialisation de l'économie, la prise compte de ces phénomènes induit deux constatations inquiétantes :
Primo, équiper les Pays en retard de développement de ce modèle de mobilité correspondrait à une dépense énergétique considérable et à un accroissement du parc mondial suicidaire.
Secundo, si un choc économique global majeur (dépression) venait à se produire, aucun "new deal" basé sur un programme de grands travaux d'infrastructures ne saurait être mis en oeuvre, du moins suivant les méthodes employées encore aujourd'hui sur le terrain.
L'on est donc contraint de constater que l'idéalisme n'est pas dans le camps que l'on imagine, et qu'il est plus raisonnable d'amorcer un changement de cap, de nous montrer cette fois plus prévoyant, et de cesser d'accorder foi aux individus mal informés qui prennent les vigies pour des Cassandres, et ne savent reconnaître une tempête que lorsque le bateau a déjà chaviré.
L'Agence Européenne de l'Environnement constatait dans son rapport 1999, que les objectifs de réduction des émissions de CO2 assignés par l'Union Européenne au titre des objectifs de Développement Durable étaient en passe de ne pas se trouver réalisés.


schémas extraits du Rapport 1999 de l'Agence Européenne de l'Environnement
L'accroissement du transport est cité dans ce rapport comme l'une des principales causes de cet échec.
Il convient, à la lecture de ce rapport de noter également un accroissement préoccupant de la mortalité liée au risque climatique en Europe, et qui vient confirmer les prévisions d'experts étudiant l'incidence-risque du réchauffement.
Vous noterez que dans le schéma suivant, une distinction est établie entre mortalité liée au risque climatique et celles provoquées par les inondations et les éboulements : sachant que les pluies exceptionnelles peuvent accentuer les mouvements d'érosion et les réchauffements brutaux fragiliser les massifs en période de gel, il reste assez probable que ces études ne reflètent que partiellement l'ampleur de phénomène.

Accidents en Europe impliquant des risques naturels
et nombre associé de morts.
source : OCDE , Données environnementales, 1997.
Ces questions ont fait l'objet de débats lors de la Conférence Mondiale de La Haye sur l'Effet de serre et la mise en oeuvre du Protocole de Kyoto, du 13 au 24 novembre 2000.
Dans un contexte plus large, les politiques volontaristes en matière de réduction de la consommation énergétique semblent devoir se heurter plus à des contraintes structurelles qu'à la seule action des lobbyes généralement invoquée pour expliquer la lenteur de mise en oeuvre de mesures adaptées.
De nouveaux cadres sociaux vont devoir être mis en place, permettant de conjuguer les contraintes communautaires et celles de l'Organisation Mondiale du Commerce, face à des problématiques difficilement surmontables sans mesures incitatives, et donc pour certains pénalisantes, dans un contexte où tout dispositif de cet ordre est susceptible d'être compris comme contraire à l'équité de marché et à la libre concurrence.
En conséquence il est à prévoir que les cadres de règlement se trouvent définis en amont au travers de dispositifs spécifiques regroupant des partenaires industriels, financiers, des représentants de la société civile et des pouvoirs publiques, notamment par l'Organisation des Nations Unies et en
particulier celui que développe l'UNEP en coordination avec la Chambre Internationale de Commerce intitulé Public and Private Partnership.